Notre histoire

"Notre histoire" c'est comme le titre d'un mauvais film tourné par un réalisateur alcoolo qui abuse du "gros plant" !

Y'en a qui se vantent d'être dans la pub parce qu'ils collent des affiches, d'autres d'être dans la finance parce qu'ils conduisent un transport de fond.Y'en a même qui se croient dans l'humanitaire parce qu'ils font bosser au noir des sans-papiers au fond de leur cave.
Et vous messieurs, qu'est-ce que vous faites? Nous, monsieur, on est dans la chanson parce-que, le soir, dans notre cuisine, on gratte sur nos guitares, on grave nos petits CD à la main sur le PC coincé entre le four et la cafetière, et quand le courant se coupe, Babette tourne la manivelle!

Au départ, c'est comme l'histoire d'une promesse d'ivrognes qui aurait finalement été tenue. C'est l'aventure de deux mecs qui se connaissent vaguement mais que rien ne prédisposait à faire de la musique ensemble.

Jean-Marie a été le guitariste fou de "Général bol", c'était brut mais surtout pas trash, c'était violent dans le geste et la parole mais sans être vraiment punk. Ce style un peu décalé avait attiré l'attention d'un cercle de fidèles et valu quelques articles sympas dans certains fanzines de l'époque.

Quant à Jean-Claude, instrumentiste calme et posé aux ongles effilés comme ceux de la sorcière de Desnos "tombée des nues", initié au flamenco par les gitans des Saintes Maries de la Mer, il passait de longues nuits à improviser sur des standards du jazz manouche, persuadé que sa notoriété ne dépasserait jamais les portes de son salon et, de toute façon terrorisé à l'idée de se produire devant un public de plus de trois personnes.

Ce soir de juin 1996, la bière était rousse, les filles blondes, à moins que ce fût l'inverse. La lune était ronde, nous l'étions aussi, les vins capiteux, l'atmosphère favorable aux grandes envolées lyriques et aux promesses sans lendemain. Jean-Marie déballa quelques textes griffonnés entre de longs moments de silence, Jean-Claude sortit sa si belle guitare (...voir plus loin), Déjà à moitié recouverte de toiles d'araignées. Dieu! Que la vie est bonne parfois. Et après, qu'est-ce qu'on fait?

Deux mois plus tard, on s'est retrouvé (à jeun), on s'est mis au boulot et ça fait quatre ans que ça dure.

Bars, concerts, fêtes de la musique, animations, les répétitions une fois par semaine...